Predators
Synopsis: Royce, un mercenaire, se retrouve obligé de mener un groupe de combattants d'élite sur une planète étrangère. Ils vont vite comprendre qu'ils ont été rassemblés pour servir de gibier. A une exception près, tous sont des tueurs implacables, des mercenaires, des yakuzas, des condamnés, des membres d'escadrons de la mort ; des « prédateurs » humains qui sont à présent systématiquement traqués et éliminés par une nouvelle génération de Predators extraterrestres. Voici l'affrontement sans pitié de tueurs absolus !
Critique : L'introduction du film semble annoncer d'emblée une bande nerveuse et sans concessions. Après une chute libre saisissante, un mercenaire se retrouve dans unE jungle luxuriante en compagnie d'autres personnes toutes plus dangereuses les unes que les autres. Si la caractérisation des personnages est assez rapide, elle est des plus efficaces, et les personnalités ne cessent d'évoluer tout au long du métrage. Très vite, une question se pose : que font-ils ici ? La première partie, très calme, consiste à suivre nos protagonistes à la recherche de réponses. Pas une once d'action, mais on ne s'ennuie bien heureusement pas, grâce à des interprètes talentueux et quelques dialogues réussis. Dès que les choses s'agitent, un constat rapide s'impose : on est face à un actionner bourrin curieusement avare en moments de bravoure, et à la violence aseptisée. Constat qui se confirmera par la suite, tant ce Predators déçoit par rapport à toutes ses promesses. Le gore est absent, enlevant cet aspect âpre qui caractérisait le predator, et se rapprochant (malheureusement) plutôt d'un énième Alien Vs Predator. Manque de bol, aucun alien au sang acide en vue. Et aucune gloumoute à dreadlocks non plus d'ailleurs !
Car le monstre vedette se montre (façon de parler) trop peu présent à l'écran, ses apparitions n'ayant jamais l'envergure qui leur est due. Quant à la mythologie entourant la créature, si l'on retrouve le fusil à plasma, la tenue de camouflage et les griffes rétractables, le reste est des plus décevants. On apprend tout au plus que les predators traquent d'autres races aliens, qu'ils utilisent des espèces de chiens de chasse et qu'il en existe deux tribus. Des aspects qui étaient prometteurs mais qui ne sont au final jamais exploités, les "chiens" et les autres extra-terrestres n'apparaissant qu'une seule fois, et la rivalité tribale n'étant exposé qu'au détour d'un combat minable. On passera aussi sur le personnage de badass mexican joué par Danny Trejo, expédié sans considération, sans même lui laisser placer ne serait-ce qu'une réplique culte. Ou même un mano a mano entre un yakuza adepte du sabre et un predator, qui se révèle ridicule. Predators, navet irrécupérable ? Pas loin, malgré une mise en scène efficace, un rythme assez soutenu et un casting intéressant.
Ce dernier point sauve peut-être le film du naufrage total. Adrien Brody, dont le nom au générique en avait surpris plus d'un, est ici aussi à l'aise qu'en scientifique déboussolé de Splice. S'il ne parvient pas à nous faire oublier Arnold Schwarzenneger, son énergie fait des merveilles, notamment dans un affrontement final copié sur le film de John McTiernan. Derrière lui, Alice Braga (Je suis une Légende) confirme tout son talent dans le rôle d'une sniper compatissante. L'ex policier de la série The Shield, Walton Goggins, trouve ici un rôle à sa mesure en prisonnier pervers et sans pitié. On retiendra aussi l'apparition éclair de Laurence Fishburne (Matrix), qui campe avec brio un survivant rendu fou par la solitude. Toutefois, ces interprètes talentueux ne relèvent pas complètement le niveau de ce mauvais film, trop avare en action, en gore, et trop lisse dans l'ensemble. La saga semble bel et bien enterré, laissez la bête en paix !
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