The Hole
Synopsis: Une mère célibataire et ses deux fils sinstallent dans une nouvelle maison. Les deux enfants ne tardent pas à explorer les lieux et découvrent dans la cave une mystérieuse trappe donnant apparemment sur un trou sans fond. Alors quils tentent avec laide de leur voisine de comprendre ce phénomène défiant toute logique, détranges événements commencent à se produire dans la maison
Critique : Joe Dante est assurément l'un des réalisateurs les plus intéressants de ces dernières années. Après nous avoir pondu une paire de Gremlins aussi cultes que réussis, des épisodes des Masters Of Horror qui remontaient sans problème le niveau de chaque saison, et révolutionné le film de lycanthrope avec son incontournable Hurlements, il s'attelle cette fois-ci à un projet moins ambitieux, un petit budget fantastique et prometteur nommé The Hole. Ayant cédé à la mode de la 3D, Dante s'évertue néanmoins à l'utiliser à bon escient pour creuser le cadre de ses scènes et sublimer la qualité des décors. Pas d'artifices tape-à-l'oeil ou de prétexte mercantile à la Jackass 3D, le procédé est ici au service du film. Toutefois, le métrage se laisse également voir avec plaisir sans relief. Car ce qui fait la réussite de The Hole, c'est avant tout le talent de conteur de son réalisateur. Si ce n'est pas son chef d'oeuvre, il compte néanmoins parmi ses plus belles réussites, grâce une imagerie empruntée au cinéma allemand expressionniste de toute beauté que l'on retrouve surtout dans le dernier acte. Le climax se déroule en effet dans un décor tortueux qui n'est pas sans rappeler l'Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll.
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Il n'y a qu'à voir le traitement réservé au bad guy qui apparaît comme une figure monstrueuse et quasi mythologique, sa taille et sa puissance renforcée par la peur du héros. Car c'est ce dont il s'agit, la peur. Le trou que nos jeunes amis vont découvrir dans leur cave est une porte ouverte sur l'imaginaire morbide des personnages, qui se manifeste en les confrontant à leurs peurs les plus intimes. A ce sujet, le jeune Lucas se verra traqué par un clown/pantin terrifiant, que Dante traite presque comme un gremlin cabotin, tout en rendant chacune de ses apparitions efficaces. La gestion de l'espace et du son est tout bonnement excellente, le grelot du clown suffisant à installer un malaise immédiat avant même de voir la créature. Dommage qu'on ne puisse pas en dire autant des fantômes hantant Julie, la jolie voisine qui se joindra aux deux frères, puisque le spectre de sa meilleure amie ne dispose pas assez d'ampleur pour convaincre (même si sa première apparition dans les toilettes reste excellente). Quant au jeune héros Dane, ce qu'il devra affronter pour sauver son frère se matérialise sous une forme bien plus familière, mais tout aussi menaçante (je vous laisse la surprise).
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Au final, The Hole reste un film fantastique plutôt original sans pour autant révolutionner le genre, la faute à un sujet pas forcément novateur (on y a même eu le droit dans Harry Potter avec l'épouvantard). Mais la patte de Dante est assurément savoureuse. Il rend ses personnages, au demeurant sans intérêt, très attachants, grâce à une multitude de répliques et de scènes drôles, la relation fraternel de Dane et Lucas étant d'ailleurs l'un des points forts du film. Et sa réalisation se prête à merveille au sujet, passant du drame intimiste au spectaculaire (la fin du climax). Il nous offre aussi une sorte de best of de sa filmographie en s'auto-citant avec humour : The Explorers, Les Banlieusards, Piranhas... On notera enfin un casting bien choisi : Chris Massoglia, interprète principal du navet L'Assistant du Vampire, nous fait oublier sa piètre performance en campant un adolescent charismatique, avec à ses côtés les très bons Nathan Gamble (The Mist), Haley Bennett (Kaboom) et la trop rare Teri Polo (Mon Beau-Père et Moi). Sans oublié un caméo réjouissant de Dick Miller (Gremlins). Une belle surprise !
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